Le chat du rabbin, T2 : Le Malka des Lions – Joann Sfar

Éditions Dargaud (2003), 48 pages

Le chat du rabbin - T2

Présentation de l’éditeur :

Alger, une communauté juive du début du XXe siècle. Au centre de l’action, le chat du rabbin. Tordant, le chat : un squelette à oreilles, une dégaine de poubelle, un goût prononcé pour la discussion ― c’est un chat parlant. En l’occurrence, il raconte à Zlabya, sa maîtresse adorée (et fille du rabbin), la vérité sur le Malka des Lions ― un cousin qui doit arriver prochainement, tout auréolé et légende. On le dit capable de dompter un lion, même les yeux fermés. La vérité, c’est qu’il a pour ami un vieux lion poussif avec lequel il a monté un numéro : le lion effraie le monde, le Malka arrive et arrange tout. Ce qui lui attire gloire et récompenses variées. En attendant, le rabbin a un problème : le consistoire israélite de France exige de lui qu’il fasse une dictée. En effet, s’il veut être agréé rabbin officiel au lieu de  » juste rabbin comme ça « , il doit écrire en français ― pour faire la prière en hébreu à des Juifs qui parlent arabe, note le chat dans sa grande sagesse. Le chat est désolé :  » Mon maître, qui aime tant les livres, est en train de louper sa dictée.  » Ce qui le pousse, en désespoir de cause, à invoquer le nom de Dieu alors que c’est interdit. Résultat : il perd la parole, retrouve son statut de chat qui fait miaou, et le voilà incapable de donner son avis quand sa maîtresse adorée projette d’épouser un type qui ne lui plaît pas. Heureusement, pour notre plus grand plaisir, il continue de penser :  » Il va te prendre ta fille et tu seras vieux et elle sera enceinte et elle sera vieille et elle aura des enfants qui seront vieux et tout le monde mourra.  » C’est très triste, mais on note deux bonnes nouvelles : contre toute attente, le rabbin a réussi sa dictée ―  » le consistoire français il est très fier de vous  » ― et toute la smala reviendra bientôt dans l’Exode. Après La Bar-Mitsva, premier épisode encensé par la critique, Sfar nous donne encore une fois un chef-d’œuvre d’intelligence, d’humour et de tendresse ― trois vertus qui s’expriment autant dans les dialogues, captivants et savoureux, que dans le dessin, merveilleux de finesse et de drôlerie. La préface de cet album est signée Fellag.

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Le chat du rabbin, T1 : La Bar-Mitsva – Joann Sfar

Éditions Dargaud (2003), 48 pages

Le chat du rabbin - T1

Présentation de l’éditeur :

Préface de Eliette Abecassis : Au début, le chat du rabbin ne parle pas. Il est simplement libre comme un chat et ronronne dans les bras de la fille du rabbin, Zlabya, sa maîtresse adorée. Mais dans la maison du rabbin, il y a ce perroquet qui jacasse sans arrêt, et le chat le bouffe. Maintenant, il peut parler, et il commence par mentir : le perroquet est allé faire une course, dit-il, la gueule pleine de plumes. Mentir, c’est mal. Le rabbin décide donc de remettre le chat dans le droit chemin et d’en faire un bon Juif. Moyennant quoi, le chat exige de faire sa bar-mitsva. S’ensuivent des discussions très pointues avec le rabbin du rabbin, qui en conclut qu’on devrait noyer le chat. Malgré le plaisir qu’il prend à ergoter et chipoter à n’en plus finir, le chat a de la peine, depuis qu’il a la parole. Il a acquis un pouvoir dont il se passerait bien. Et finalement, il retourne vers le bonheur et les bras de sa maîtresse, à condition de se conduire comme un vrai chat et de ne plus jamais parler. Il est d’accord : « Ça vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux. » Il a seulement beaucoup de mal à fermer sa gueule en écoutant pérorer les disciples du rabbin, qu’il n’aime pas du tout, surtout celui qui veut épouser sa maîtresse… Sfar, qui est né lui-même dans une famille juive, met en scène une communauté juive du début du XXe siècle, à Alger. Dans un décor luxuriant de tissus, carrelages et tapis orientaux, il plante un héros qui semble sorti d’une poubelle : un chat écorché, anguleux, l’air d’avoir avalé un sac de clous ― hilarant. Têtu comme une bourrique et pas toujours avenant (bien que capable de tendresses renversantes), il a aussi avalé ce qui se fait de mieux en matière de raisonnement vicelard, thèse, antithèse, etc. Le résultat est une sorte de conte initiatique d’une grande beauté, où l’on apprend bien des choses sur l’usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d’émotion et d’ironie.

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